Les applications : comprendre enfin ce mot qu'on croise tous les jours

31 octobre 2025

editions-tlp.fr

Un mot simple, une idée universelle

Parfois, les mots du quotidien prennent un sens nouveau avec l’arrivée du numérique. “Application” en fait partie. On l’entend partout : “Tu as installé l’application ?”, “C’est disponible sur l’appli”, “Ferme toutes les applications si ça rame…”. Mais, finalement, qu’est-ce que c’est, une application ? Comment ce mot, qui sonnait si technique il y a vingt ans, est-il devenu aussi courant que “pain” ou “électricité” ? Prenons le temps d’explorer ce terme pour ne plus jamais hésiter à l’utiliser ou à le comprendre.

Avant le numérique, le sens classique d’« application »

À la base, appliquer, ça veut dire “mettre en pratique”. Par exemple, appliquer du plâtre sur un mur, ou appliquer une règle à un problème de maths. Dans toutes ces situations, il s’agit d’utiliser quelque chose pour arriver à un résultat. Aujourd’hui, ce sens a migré vers le monde numérique. Une “application” est devenue ce petit outil ou programme qu’on utilise pour faire quelque chose de précis sur un écran.

Une application, concrètement, c’est quoi ?

Dans l’univers de l’informatique et des téléphones, une application (ou “appli”) désigne un programme créé pour remplir un besoin précis. Pas besoin de tout savoir sur l’informatique pour comprendre ça : imaginez votre téléphone comme une boîte à outils, et les applications sont les outils à l’intérieur. Une pour prendre des photos, une pour envoyer des messages, une pour lire vos mails ou consulter la météo… Chaque application sert à une tâche, et souvent, on en change comme on prend une autre spatule pour la confiture.

  • Sur un smartphone : chaque petite icône colorée est généralement une application. WhatsApp pour la messagerie, Le Monde pour les actualités, SNCF Connect pour réserver un billet de train…
  • Sur un ordinateur : LibreOffice Writer pour taper un courrier, Google Chrome pour aller sur Internet, Photos pour classer vos souvenirs… Ce sont aussi des applications, même si à l’époque on disait souvent “logiciel”.

Application, appli, logiciel : quelles différences ?

Vous entendez parfois “logiciel”, parfois “programme”, parfois “application”, et même “appli” (qui est juste la version courte et populaire d’application). Y a-t-il une vraie distinction ?

  • Logiciel : Voilà le terme “savant”, qui existe depuis les premiers ordinateurs. Il englobe tout : petits outils comme véritables usines à gaz.
  • Programme : C’est ce que l’ordinateur fait tourner pour réaliser une tâche. Un peu général, parfois plus technique.
  • Application : C’est un logiciel fait pour “appliquer” une fonction bien précise, souvent pensée pour être simple, directement utilisable par l’utilisateur. Avec l’arrivée des smartphones (iPhone, Android) en 2007-2008, ce mot est devenu familier pour parler de ces petits outils à télécharger et à manipuler avec les doigts, mais il s’applique aussi à l’ordinateur.

Aujourd’hui, “application” a pris le dessus dès qu’on parle de smartphone ou de tablette, mais sur l’ordinateur, les trois mots coexistent encore.

Comment naît une application : l’essentiel à savoir

Derrière chaque application, il y a des développeurs, des équipes qui la conçoivent en pensant à un usage précis. Sur téléphone, on les trouve sur des boutiques en ligne (“stores”) comme Google Play pour Android ou l’App Store d’Apple. Rien qu’en 2023, on comptait plus de 3,5 millions d’applications disponibles sur le Google Play Store, et plus de 1,8 million sur l’App Store d’Apple (Source : Statista).

  • Le téléphone n’a quasiment rien d’utile ou distrayant sans ces applis : il devient une loupe, un GPS, un dictionnaire, un appareil photo, un réveil, un agenda, un magazine… simplement parce qu’on ajoute des applications selon ses envies.
  • Ordinateur comme téléphone, tout “passe” par des applications : on croit parfois que “tout est sur Internet”, mais ce sont les applications (navigateurs, clients mail, etc.) qui font le lien et permettent d’agir.

À quoi reconnaît-on une application ?

Pas toujours facile de s’y retrouver. Pourtant, quelques signes ne trompent pas :

  • Sur le téléphone : une icône sur l’écran d’accueil, un nom, et souvent une possibilité de la “désinstaller”.
  • Sur l’ordinateur : un raccourci sur le bureau, ou un nom dans le menu “Démarrer” sur Windows, ou dans le “Launchpad” sur Mac.
  • Si ça se ferme, se rouvre, se met à jour, c’est probablement une application !

Applications mobiles vs. applications web : deux mondes qui se rejoignent

Il existe plusieurs types d’applications. Deux grandes familles suffisent à comprendre l’essentiel :

  1. Les applications mobiles : elles sont installées sur votre téléphone ou tablette. On va les chercher dans le Play Store ou l’App Store. Elles fonctionnent même sans connexion Internet (parfois partiellement), comme les jeux, les agendas, ou les lecteurs de musique.
  2. Les applications web (ou “web apps”) : on n’installe rien ! On les utilise depuis un navigateur (comme Chrome ou Firefox) en allant sur un site. Gmail, La Poste, Doctolib… Beaucoup de services en ligne sont des “applis web”. Ils s’utilisent sur ordinateur comme tablette ou mobile.

Avec les progrès techniques, la frontière s’estompe : certaines applis web se “transforment” en application mobile et on peut même “installer” un site pour qu’il apparaisse sur l’écran d’accueil, comme une appli.

Un chiffre qui parle : combien d’applications utilisons-nous vraiment ?

Les boutiques débordent, mais combien d’applis utilise-t-on réellement ? Selon une étude menée en 2023 par Sensor Tower (Sensor Tower), une personne moyenne n’utilise activement qu’entre 9 et 12 applications par jour sur son smartphone. On en installe souvent plus, parfois plusieurs dizaines – mais seule une poignée ressort chaque jour ou chaque semaine.

Applications célèbres : petites icônes devenues indispensables

Certaines applications ont quasiment changé nos habitudes ou créé de nouveaux usages. Voici quelques exemples concrets pour éclairer la définition avec du vécu :

  • WhatsApp, Messenger, Signal : messageries qui relient familles et amis partout dans le monde.
  • Google Maps, Waze : du guidage GPS pour ne plus jamais se perdre.
  • Banquepopulaire, Crédit Agricole, La Banque Postale : gérer son compte sans aller en agence.
  • Doctolib : prise de rendez-vous médical sans décrocher le téléphone.
  • SNCF Connect : réserver ses billets de train et voyager sereinement.
  • Le Monde, FranceInfo : suivre l’actualité sans sortir acheter le journal.
  • Zoom, Teams : réunions à distance, parfois même pour voir ses petits-enfants.

Une sécurité à ne pas négliger

Les applications nous rendent d’énormes services… mais il faut garder en tête que toutes ne se valent pas : certaines sont fiables et utiles, d’autres peuvent être douteuses, voire dangereuses (vol de données, publicités cachées, etc.).

  • Choisissez si possible des applications proposées par des éditeurs connus (banques, opérateurs, grands médias, organismes officiels, etc.).
  • Lisez les avis sur le Store avant d’installer.
  • Méfiez-vous des applications demandant l’accès à trop d’informations par rapport à ce qu’elles proposent de faire (exemple : une lampe torche qui demande votre géolocalisation).
  • Mettez régulièrement à jour vos applications pour bénéficier des correctifs de sécurité (source : Cybermalveillance.gouv.fr).

Selon la CNIL, près de 16 % des applications mobiles testées en 2022 demandaient plus d’autorisations que nécessaire. Un chiffre à garder à l’esprit pour rester prudent.

Applications gratuites ou payantes ?

Il existe des applications gratuites et d’autres payantes. Attention : "gratuit" ne veut pas dire sans contrepartie. Beaucoup d’applis gratuites affichent de la publicité, proposent des “in-app purchases” (achats à l’intérieur de l’application), ou collectent certaines données pour financer leur fonctionnement. Autrement dit, si ce n’est pas avec votre argent, c’est parfois avec vos informations, ou votre attention.

  • Gratuites : services rendus accessibles à tous, souvent avec des options limitées ou de la pub.
  • Payantes : achats uniques (une fois pour toutes) ou abonnements (mensuels/annuels).

On estime selon App Annie qu’en 2022, les utilisateurs du monde entier ont dépensé plus de 167 milliards de dollars dans des applications mobiles (Source : Data.ai).

Pourquoi le succès des applications ?

  • Simplicité : pas besoin de savoir “programmer” pour utiliser une application. Il suffit de toucher une icône.
  • Mobilité : partout où il y a un smartphone, il y a une solution à portée de main.
  • Accessibilité : beaucoup sont gratuites, ou à faible coût.
  • Personnalisation : chacun installe ce qui lui sert au quotidien, sans être obligé de tout avoir d’un coup.

C’est grâce à ces qualités que le mot “application” est rentré dans le vocabulaire courant — à tel point qu’on parle aussi d’“applis” pour les guichets de mairie, les transports, la santé, les impôts… L’application est devenue le nouveau couteau suisse du quotidien moderne.

Vers de nouvelles formes d’applications

Avec l’évolution technologique, de nouvelles formes d’applications apparaissent, parfois plus discrètes : assistants vocaux (Siri, Alexa), objets connectés (montres, thermostats), mini-applications dans des plateformes (comme les “Mini Apps” sur WeChat en Chine). On n’ouvre plus toujours une “appli” mais on interagit quand même avec des programmes pensés pour rendre service, souvent sans le savoir.

Ouvrir la porte à l’autonomie numérique

Savoir ce qu’est une application, c’est déjà s’autoriser à essayer, installer, désinstaller, choisir sans crainte. On devient moins prisonnier de l’écran, plus acteur de ses choix. S’orienter parmi toutes les “applis” disponibles, c’est possible à tout âge. Garder un œil sur la sécurité, réfléchir à l’utilité, essayer sans hésiter… Le mot “application”, sous ses airs modernes, n’est finalement qu’une invitation à se servir des outils mis à notre disposition pour mieux vivre au quotidien.

En savoir plus à ce sujet :