Applications gratuites : rien n’est jamais vraiment « gratuit »
Une application gratuite, ce n’est jamais la philanthropie pure. Rares sont les logiciels créés sans aucune logique économique, même si ça existe, notamment dans l’univers du logiciel libre et open-source. Voyons les différentes stratégies derrière la “gratuité”.
La publicité, la star de la gratuité
Le modèle le plus courant consiste à montrer des annonces :
- Annonces intégrées : bannières publicitaires en bas d’un écran ou vidéos sponsorisées entre deux parties (on pense à beaucoup de jeux gratuits, comme “Candy Crush” ou “2048”).
- Données exploitées : pour cibler la publicité, vos usages sont analysés (habitudes, âge, localisation…).
- Rémunération indirecte : selon eMarketer, globalement, la publicité mobile a généré plus de 336 milliards de dollars de revenus publicitaires mondiaux en 2023 (source).
Freemium : donner pour mieux vendre
Le “freemium” (contraction de « free » et « premium ») est partout. Un exemple : Spotify permet d’écouter de la musique gratuitement, mais ajoute des pubs et bloque la lecture hors-ligne si on n’a pas la version payante. C’est un peu comme une dégustation gratuite chez le fromager, mais si on en veut plus, il faut acheter la meule. Voici d’autres exemples :
- Evernote : prise de notes en version gratuite, mais synchronisation limitée et espace contraint.
- Dropbox : stockage de fichiers offert jusqu’à un certain point, puis passage à l’abonnement pour plus d’espace.
Ce modèle séduit les éditeurs car il permet d’accrocher beaucoup d’utilisateurs, puis de convertir un petit pourcentage en clients payants. Selon Think With Google, seul 5% des utilisateurs freemium achètent des options… mais sur une base de millions, cela suffit à faire vivre un service.
Données personnelles : la nouvelle monnaie
Parfois, ce n’est ni la publicité ni un abonnement, mais vos données qui intéressent l’éditeur. Adresse email, centres d’intérêt, comportement… Plusieurs cas célèbres illustrent la valeur des informations collectées :
- Cambridge Analytica (2018) : exploitation des données Facebook pour des fins politiques (Le Monde).
- Applications météo gratuites qui revendent la géolocalisation à des courtiers ou publicitaires (France Inter).
Le pétrole du 21 siècle, ce sont nos informations !
Le bénévolat ou le service public, l’exception
Certaines applications gratuites sont créées par des passionnés ou des institutions, sans recherche de profit :
- Des logiciels libres comme VLC, LibreOffice…
- L’application Covid de l’État français, TousAntiCovid, développée sans pub ni collecte de données personnelles pour des raisons de santé publique.